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Nucléaire : l'État étudie "sérieusement" la construction d'une usine de conversion de l'uranium retraité, actuellement uniquement possible en Russie
information fournie par Boursorama avec Media Services 29/03/2024 à 11:29

Pour convertir son uranium de retraitement (URT), la France n'a pas d'autres possibilités que de réaliser cette étape en Russie, seul pays à disposer, via son opérateur public Rosatom, d'une usine de conversion.

( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

La France pourrait construire un site de conversion et d'enrichissement de l'uranium de retraitement destiné à être intégré dans des centrales nucléaires. La Russie est la seule à disposer d'un tel site à l'heure actuelle.

"L'option de réalisation d'un projet industriel de conversion de l'uranium de retraitement (ou recyclé, NDLR) en France est examinée sérieusement, sous l'égide du conseil de politique nucléaire ", a indiqué jeudi soir à l' AFP le ministère délégué à l'Industrie et l'Energie.

Le ministère confirmait des déclarations au journal Le Monde dans un article consacré au commerce de la France avec l'industrie nucléaire russe, un secteur qui, contrairement au pétrole, échappe encore aux sanctions internationales prononcées après l'invasion de l'Ukraine. "Les conditions associées sont encore à l'étude", a précisé le ministère.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 a mis en évidence pour la France et d'autres pays comme les États-Unis la nécessité de moins dépendre du mastodonte russe Rosatom pour le cycle du combustible des centrales nucléaires . En l'occurrence, pour convertir son uranium de retraitement (URT), la France n'a pas d'autres possibilités que de réaliser cette étape en Russie, seul pays à disposer, via son opérateur public Rosatom, d'une usine de conversion pour cet URT. L'étape suivante d'enrichissement pouvant être réalisée en Russie ou aux Pays-Bas.

"Engagements contractuels" avec la Russie

L'ONG environnementale Greenpeace a dénoncé ces derniers mois la poursuite des livraisons d'uranium entre la Russie et la France , notamment au profit des centrales d'EDF, malgré la guerre. EDF est en effet lié à un contrat de 600 millions d'euros conclu en 2018 avec Tenex, filiale de Rosatom, pour recycler et enrichir de l'uranium issu du retraitement des combustibles usés du groupe français. EDF a toujours fait valoir qu'il respectait ses "engagements contractuels" avec Tenex tout en appliquant "strictement toutes les sanctions internationales" et les restrictions commerciales vis-à-vis de la Russie.

Interrogé sur ce contrat, lors d'un congrès de la société française d'énergie nucléaire (SFEN), jeudi, Jean-Michel Quilichini, directeur de la division combustible nucléaire chez EDF, a expliqué au Monde qu'EDF continuerait à "honorer le contrat". Contacté par l' AFP , le groupe souligne qu'il "maximise la diversification de ses sources géographiques et de ses fournisseurs" , sans toutefois préciser la part de ses approvisionnements en URT enrichi venus de Russie.

L'option de construire un site d'enrichissement et de conversion pour l'uranium recyclé avait déjà été mentionnée par le gouvernement en novembre dans son document de la "stratégie française pour l'énergie et le climat" (SFEC), dans lequel il évoquait la mise en œuvre d'"une filière industrielle européenne".

De son côté, EDF affirme à l' AFP discuter "avec plusieurs partenaires pour construire une usine de conversion d'uranium de retraitement en Europe de l'Ouest à l'horizon 2030".

Issu du traitement des combustibles, l'URT peut être réutilisé pour produire du combustible nouveau après avoir été converti puis ré-enrichi. Le 5 février 2024, pour la première fois depuis une dizaine d'années, un réacteur de la centrale de Cruas (Ardèche) a été redémarré avec "la première recharge d'uranium totalement recyclée" , a annoncé EDF sur le réseau social LinkedIn.

11 commentaires

  • 05 avril 10:26

    L'URT enrichi devient de l'URE.


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